Pour la première sortie de l’année nous vous proposons une petite visite de la Varenne en amont de Domfront dans sa partie en première catégorie. Cette rivière s’écoule à l’ouest du département de l’Orne. Elle a la particularité de produire des grosses truites. Des poissons de 40-45cm y sont fréquemment capturés et les 50cm sans être légion, ne sont pas si rares. Bien entendu tout n’est pas si simple. Ces gros poissons sont particulièrement actifs sur les coups d’eau et pendant les éclosions de grandes éphémères. Nous avions placé la date de cette sortie longtemps en avance en espérant avoir des débits corrects. Le manque d’eau de ce début de saison a joué en notre défaveur.

Pour notre première station, nous commençons cette rivière au niveau de sa confluence avec la Halouze sur l’AAPPMA la Flérienne.

Nous stationnons les véhicules sur le parking de la voie verte au niveau du lieu-dit la Haute Choisellière sur la commune de Saint Bômer les Forges. Nous formons deux équipes. Aurélien, Arnaud et Alexis pêchent la partie aval au leurre et au vairon. Tandis que nous remontons la Halouze et ensuite la Varenne en compagnie de Benjamin qui a opté pour le vairon tandis que je suis au toc.

L’eau basse et claire et les faibles températures de la nuit ne vont pas nous faciliter la tâche. A ce niveau, la Halouze mesure environ 5m de largeur. Elle s’écoule lentement dans un lit sablonneux parsemé d’arbres immergés et de branches. Les postes sont tous plus jolis les uns que les autres mais pas spécialement évidents à prospecter. Nous allons seulement prendre un petit poisson et manquer trois touches dont une très jolie.

Nous décidons de remonter en amont du moulin qui se trouve à la confluence des deux rivières et qui est en propriété privée. Pour ce faire, rien de plus simple, la voie verte longe la rivière. Nous retrouvons donc la Varenne un peu plus en amont. Elle s’écoule ici paisible au fond des prairies décrivant de jolis méandres. Large de de 6 ou 7 mètres, avec des profondeurs comprises entre 20 et 80 cm (par niveau bas), le fond caillouteux et les aulnes en bordures ainsi que de jolies berges creuses offrent aux truites des refuges de premier ordre. Nous allons seulement y toucher une série de truitelles. Nous prenons des nouvelles de l’autre groupe qui n’a pas eu plus de succès. En revanche, si vous êtes pêcheur à la mouche, je vous invite à découvrir ce secteur de la Varenne en amont du moulin qui est vraiment facile à pratiquer et qui offre de belles perspectives pour les coups du soir en mai-juin.

A noter également pour les moucheurs qu’un parcours mouche de 3,5km existe plus en aval entre le Moulin du Plain et le Pont de Caen. Les arbres y sont un peu plus nombreux. Par conséquent, le niveau requis est un peu plus élevé.

Nous prenons ensuite la direction des Forges de Varenne sur la commune de Champsecret. Toujours longée par la voie verte, la rivière prend ici des allures de torrent sur un bon kilomètre. Je prospect la partie aval au toc en compagnie d’Alexis tandis que le reste de l’équipe va gratter au vairon dans la série de gros blocs et de cascades en amont du pont.

Dans cette vallée encaissée la rivière a peu de marge de manœuvre, un peu comme le pêcheur d’ailleurs surtout pour la partie boisée qui fait suite au petit champ en aval du pont. Il faut vraiment aimer pratiquer les zones courantes et avoir un peu d’équilibre pour s’aventurer là. La rivière se réveille peu à peu et tout le monde va avoir au moins des touches. Les poissons ne sont pas bien gros, mais ils sont plus gros et plus nombreux que sur le secteur précédent. Une série de poisson d’une vingtaine de centimètres vient prendre la pose. Les plus grosses atteignent les 25 cm. Le secteur aval est praticable au toc mais à mon avis, c’est à l’ultra un peu plus tard en saison qu’il y a moyen de se régaler. Nous prenons le temps de pique-niquer sur la table prévue à cet effet le long de la voie verte.

Nous reprenons ensuite la direction de Saint Bômer les Forges mais pour aller au lieu-dit la Goudousière (bas de la Nocherie). Nous retrouvons là Daniel Janvrin, trésorier de l’AAPPMA la Truite Domfrontaise. Ce parcours, tout comme le précédent, est géré par cette AAPPMA. Tous deux sont en gestion patrimoniale. En discutant avec Daniel, il nous apprend qu’une 47 et une 45 ont été capturées la semaine précédente. Nous reprenons donc les cannes avec enthousiasme. Benjamin se joint à moi pour faire du toc en remontant tandis que les pêcheurs au leurre et au vairon se dirigent vers la partie aval.

La rivière un peu plus large sur cette partie, environ 8m, offre tout de même une belle alternance de courants à prospecter. D’entrée de jeu les hostilités sont lancées. Dans chaque poste, il y a une touche et c’est un poisson entre 20 et 26cm qui vient nous rendre une rapide visite. Les gars un peu plus bas viennent d’en manquer une belle au leurre. Les quelques éphémères qui sortent seraient-elles responsables de ce pic d’activité ? Qu’importe, nous en profitons pendant une bonne demi-heure. Que ce soit à la teigne ou au vers de terreau, le résultat est le même. Ensuite les choses se calment sérieusement et nous allons devoir affiner un peu les présentations pour retrouver des touches. Néanmoins, les poissons sont placés dans les têtes de courant pour peu qu’il y ait quelques blocs rocheux.

Sur même pas 1mètre carré, je vais toucher quatre poissons dont une de 30 qui va me fausser compagnie en cours de combat. La densité est bien réelle sur l’ensemble des secteurs prospectés. Nos terminons l’après-midi avec une pêche sympa même si les grosses sont restées discrètes. L’équipe leurre/vairon n’a pas eu notre chance est après le départ en fanfare n’a obtenu que quelques touches. Comme toutes les rivières capricieuses, la Varenne n’échappe pas à la règle. Vous pouvez y vivre les meilleurs comme les pires sorties. Pour le savoir, il faut y aller et accepter le résultat. Toujours est-il que la région de Domfront est magnifique tout comme les vallées de la Varenne et l’Egrenne qui n’est pas si loin. De plus la voie verte qui longe la rivière tout du long offre un réel confort pour se déplacer le long des parcours.

Le matériel à prévoir :

Pour le toc : une canne de 3,9m avec un moulinet garnit en 18centièmes et des bas de ligne en 16 ou 14 centièmes sont parfaits.

Pour le leurre et le vairon en début de saison une canne de 2,7 à 3m de puissance 5-25gr est parfaite. Le moulinet est garnit en 18 ou 20 centièmes. Prévoyez une petite sélection de poissons nageurs de 5 à 7cm dans des coloris naturels qui nagent entre 20 et 80cm. Prévoyez quelques leurres souples de 4 à 6cm avec des têtes plombées de 2,5 à 4gr.

Pour le lancer léger et ultra léger à la belle saison une canne de 2-8gr en 1,8m et un moulinet en taille 2000 garnit en 14 ou 16 centièmes fait parfaitement l’affaire.

Pour la mouche en sèche, une 8,6pieds en soie de 4 permet de pêcher tranquillement en entrant dans l’eau. En nymphe, une 11 pied soie de 4 a ma préférence. Les nymphes d’ensemble en taille 12 et 14 font souvent le taf. Une petite préférence pour les thorax orange certaines journées. En mai et juin n’oubliez pas vos imitations de grandes éphémères et ne descendez pas en dessous de 18 centièmes en pointe.

Une bonne paire de cuissardes permet de traverser la rivière dans la plupart des endroits. Il vous faudra seulement sortir de l’eau pour contourner les fosses.

Vidéo du reportage réalisée par Romain PINTASSILGO
Un grand merci à Romain pour le tournage et le montage de cette superbe vidéo.

Photos et diaporama réalisés par Alexis Blanchet, notre nouvel Agent de Développement
Un grand merci à Alexis pour ces très belles photos.

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